Au Péninsula d'H.Kong 1972

Retour de vacances : Au boulot !

Hong-Kong au "Peninsula Hôtel"

 

1er octobre 71. Un mois plus tôt, après nos 2 mois de contrat à Guam, puis nos vacances séparées... on avait été accueilli à l'aéroport par une Rolls et une limousine noire du "Péninsula" !! (voir la page "Guam" ). La "Rolls" pour nous et la limousine pour le matos !!

The peninsula

Nous revoilà pour deux ou trois jours ou plus dans les Shun King Mantion. Depuis neuf mois, les prix ont augmentés : 45 H-K Dollars (40 F) pour une piaule minable avec douche, véritable vélodrome à cancrelats. On fait le South-Morning-Post, énorme journal où l'on peut savoir tous les jours quel navire accoste et quel navire lève l'ancre. Les appartements sont horriblement chers si l'on veut être à deux pas du "Peninsula", c'est d'autant plus nécessaire qu'on y est nourris. On visite six ou sept flats dans l'après-midi, des ribambelles de mômes inspectent, reniflent les nouveaux "couélos", les plus âgés s'informent, droit au but : "What do you do... business ? - Musiciens... -Where ? -"Peninsula Hôtel" - Ouah ! How much do you earn ? " Ce qu'on gagne, c'est vraiment tout ce qui intéresse les chinois d'Hong-Kong.

On a trouvé finalement un logement vide dans un immeuble tout neuf. Vide, pas tout à fait puisqu'il reste encore des machines à tisser, noires, huileuses, des bécanes, de 1935 sauce cambouis. La propriétaire, une ancienne pute, je le sens d'instinct, est réellement surprise de nous voir nous intéresser à cet atelier situé au 12e étage, elle a dû en faire des entourloupettes pour essayer de les virer ces ouvriers qui ce sont installés, dit-elle, avec leur machine, en douce, la nuit... z-ont fait sauter l'compteur électrique !... Non, elle ne comprend vraiment pas... On tire tout de même un peu la gueule devant les flaques d'huile noires qui nappent le plancher "Versailles". Elle me décoche son plus beau sourire, Francine ne l'intéresse vraiment pas : " Seulement deux mois à payer maintenant : 2 fois 900 H-K $ (2 fois 810 F). Pas de frais d'agence, seulement deux mois..." . Ses yeux me font l'amour pour me décider. Partout ailleurs, les appartements chinois dans le plus pur style formica c'est 1 300 H-K $ et puis, on demandera une reprise en partant... allez hop, on accepte.


 

French young and so tOn s'installe...Une grande pièce claire, une petite chambre pour un éventuel Renaud qui peut débarquer, une cuisine et une salle de bains plus le téléphone dont les communications sont gratuites de Hong-Kong à Kowloon et de Kowloon à Hong-Kong. Le soir même, on a attaqué, trois heures qu'on a frotté au ballet brosse : soude caustique, javel, lessive, tout y est passé ; on en est quand même venu à bout du cambouis, on a même délogé un nid de margouillats installé dans l'hôtel rouge du bouddha qui s'enlisait dans la cendre des bâtonnets d'encens. Et puis le lendemain, on s'est trimballé dans Kowloon avec des plaques de contreplaqués, de la mousse pour faire des lits, une scie sauteuse, des outils, des pots de peinture et tout le fourbis : on en a fait rigoler des chinois sur notre passage : "Ah ! ces "gwelos" ! 


La surprise du piano-bar.

Le piano aperitif bar

(Extraits du livre, p. 213.) A "L'Apéritif-Bar" où l'on va devoir chanter pendant six mois, une surprise désagréable nous attend : où va-t-on s'installer ? Le piano à queue forme l'un des bars... On appelle notre chef : le "Food and Beverages Manager". " Où voulez-vous qu'on chante ? - Je n'ai pas eu le temps de penser à ça... j'ai énormément de travail.. - Il faudrait retirer le piano et mettre une petite estrade à la place... - Retirer le piano ? Mais vous n'y pensez pas, il faut partie intégrante du bar, les directeurs n'accepteront jamais ces nouvelles dépenses pour vos six mois de contrat..". Le manager parle très bien français, je regarde Francine, elle devine ma pensée : " Ça m'aurait étonné qu'il n'y ait pas une merde avant de chanter... en plus du trac, on rajoute de l'énervement..." Francine insiste : "Vous vous rendez compte, de quoi on va avoir l'air ? les clients vont juste voir nos deux bustes dépasser, moi qui me suis fait faire des robes pour chanter spécialement dans cet hôtel de classe..." Là, elle en rajoute, mais elle a raison.  "Je suis désolé, je ne peux même pas vous faire faire une estrade pour ce soir, une partie du personnel est sorti manifester… c'est le 1er octobre !..." Il a fallu que je me démerde pour trouver des caisses de bières pas trop hautes pour ne pas heurter de la tête ces vénérables panaches de verroteries qui sont censés jaillir de tous leurs feux… mais tout de même suffisamment hautes pour que l'on puisse dominer les clients... " Et ces horaires... six fois une demi-heure, ça va être drôlement long, heureusement qu'on a un jour par semaine pour se reposer...

Maria wong

Télé chinoise puis télé anglaise avec la productrice Maria Wong


7 heures 30 : présentation  au staff de l'hôtel. Autour d'une grande table, tout le staff est là ; on nous présente : l'orchestre anglais du restaurant "Gaddi's", les secrétaires de direction, anglaises, australiennes et chinoises, les cuisiniers suisses-français, un pâtissier suisse-allemand, une quinzaine de personnes bien propres, bien nettes, bien polies, bien comme il faut, nous nous sentons casés, un peu trop... Caviar, soupe à l'oignon, filets sauce béarnaise, fromages, desserts, c'est Byzance ! Vraiment trop, plutôt écœurant ce faste à Hong-Kong. Dehors, des chiens galeux attendent. Des mômes de 7 ans vendent des journaux pour assurer la bouffe du petit frère couché dans un carton... les ouvriers virés de l'appartement... Heureusement les conversations ont l'air de ne se limiter qu'à la pluie et au beau temps, that's better !

La grande soeur

Les vendeurs de journaux


8h 25, la première... Le bar est plein, les trois garçons chinois, obséquieux, glissent entre les tables et les guéridons veloutés rouges sombres, impénétrables valets dans leur ballet quotidien. D'épaisses tentures ouatent l'atmosphère, feutrent les conversations déjà chuchotées. Tout ce qui se fait de plus britannique doit être là, sous nos yeux. " Tu t'vois au plumard avec un d'ces mecs ?  - Pas étonnant qu'il n'y ait pas d'eurasiens ou si peu à Hong-Kong... doivent baiser avec un mode d'emploi à la main ! "  

On éclate de rire, mais c'est qu'on est un peu nerveux quand même. Devant nous, à deux mètres à peine, une distinguée chinoise toute de soie boutonnée laisse apparaître un fragile petit cou de porcelaine, elle excelle dans ce rigorisme victorien qui lui va si bien. A côté d'elle, son homme d'affaires de mari chinois impose sa suffisance, leurs regards glissent sur nous, nous effleurent du bout des cils... comme ils sont loin des chinois vivant au Laos, pourtant cantonnais comme eux, le bouddhisme et son "bon péniang" (rien n'a d'importance) a laissé, la-bas sa bonne empreinte. Plus loin, des couples d'Indiens, étalant leur obésité comme une richesse, semblent moins sophistiqués que la "high-class" chinoise. L'œil lourd, le sari brodé d'or, les femmes, muettes dans leur béatitude résignée, écoutent leur mari s'animer : un langage inconnu… indi, ourgou, tamoul…? non, ils parlent anglais mais en roulant terriblement les R. On n'est tout de même pas très rassurés... Francine s'est préparée son petit laïus d'entrée en anglais, quelques têtes se tournent... peut-être que c'est une connerie...!  Première chanson : "Un homme, une femme", on reprend les chansons qui faisaient succès quand nous étions au "Go-Down Bistro", pas d'panique, ne nous égarons pas !... Succès ! ça marche, ils applaudissent, tout le monde applaudit, on se sent déjà mieux, on se détend, la respiration devient plus abdominale, on chante vraiment, un vrai plaisir... Des têtes amies apparaissent : Mme Duchemin : " On n'a pas encore eu le temps..." Tintin, même Tintan est là, dans son beau pullover rouge, tout gêné d'être avec des gens qui  lui ressemblent si peu ! Présentations : les directeurs  B. N. P, Banque de l'Indochine,Alliance Française, le Conseiller Culturel. A minuit arrive de son restaurant " le Trou Normand " le jovial Bernard Vignault etc. on est un peu débordés, les coupes de champagne envahissent le piano, j'ai vite installé un seau derrière nous... y'a longtemps qu'on s'rait beurrés... pas très nets tout de même.

2 h du matin.Les six shows ont passé relativement vite et c'est complètement épuisés qu'on est rentré chez nous, qu'on s'est écroulés sur nos matelas en mousse sans drap... on n'a pas encore eu le temps d'en acheter.

8 octobre : On est vraiment débordés de boulot ! Ah ! L'électricité !, z'en avait trouvé du courant nos ouvriers, malins ces chinois... des trous dans les murs à y mettre le poing et puis des fils piqués dans la gaine électrique des voisins, le tout recouvert par des cartons ! Il a fallu reboucher tout ça sans ameuter le voisinage. Francine finit la peinture, ça lui plaît la barbouille, le pinceau ça caresse, ça stimule le rêve, la vaste gamberge, le grand cinéma... Moi, je me bagarre avec un complexe tiroirs-casiers-étagères qui va recouvrir tout un mur, les fringues attendent dans la valise, ça servira de penderie, de disco-bibliothèque, enfin on n'sait pas trop. Le responsable du service matériel, nous ayant entendu parler à table de l'achat une moquette, s'est proposé de nous faire choisir d'anciennes moquettes récemment retirées à la suite de modifications apportées à l'hôtel. Ça nous coûtera une boîte de chocolat de chez Fauchon, succursale de la fameuse confiserie parisienne et sise dans les arcades de l'hôtel.

20 octobre : On s'installe dans la routine : peu de contacts avec les clients, par contre, entre les garçons et nous s'établit quand même une discrète connivence. Vers 1 h du matin, lorsque des amoureux, tapis dans l'ombre, la plupart du temps des indiens... flirtent un peu trop au point d'en oublier de consommer, on a un signal : le "captain" vient épousseter le piano... on arrête de chanter, on sort les deux guitares et l'on joue des thèmes de Django; c'est que la mère Francine à une bonne main droite maintenant et ça swingue ! C'est radical, au cinquième chorus sur "Sweet Gorgia brown", les "emmerdeurs" s'en vont. Allez… coucher !... Grand sourire des barmans chinois... on ferme. Là, on passe prendre les casse-croûtes prévus : une pile de tranches de jambons de toutes sortes, du saumon fumé, des œufs durs. Je crois qu'en six mois, Tintan n'a pas mangé plus de saumon et de jambon que durant les cinquante ans de sa putain d'vie comme il dit !


Chez Tintan : " Alors, raconte, qu'est-ce que tu deviens depuis notre départ en Corée ? -Toujours la même merde, j'essaie de vendre les bouquins de "Zabo", (Relire chapitre 2 : Zabo aux Jeux Olympiques 64). ... j'en ai refait imprimer 10000, tiens, ils sont là dans ma chambre, jusqu'au plafond ! Il nous montre… … "j'ai normalement 1 H-K $ par bouquin vendu mais ces salauds de chinois, ils font des émissions pirates, et pour les coincer tintin ! Quand je vois les piles qui sont dans les books-chop's de " l'Hilton", du " Mandarin", du "Hong-Kong Hotel" ,du " Peninsula" et dans tous les kiosques… et que je compte mes sous à la fin du mois... Y'a un os..." Son œil unique en dit long, il connaît des tas de choses sur Hong-Kong, pas facile de le faire parler, on dit qu'il est indicateur dans la police… Il reprend : "Je garde aussi des mouflets et puis plusieurs nuits par semaine je suis marin sur une vedette côtière du service des stupéfiants ; on n'trouve pas beaucoup d'opium mais l'autre jour, on a tiré à bord un "nageur" qu'arrivait de Chine communiste en descendant la Rivière des Perles, y'en a comme ça une vingtaine par an, tous des athlètes, comme ils ne parlent pas un mot d'anglais ça va faire des bons coolies...


Un mois de passé au "Péninsula" :.." Merde t'as vu l'heure ? 6 h et demie, ça y est, on va être juste comme hier, et le "food and beverages" qui passe sa tête tous les soirs à 8 h et demie pour voir si on est bien en place, une vraie pendule ce mec... -Une tête à claques, oui ! " On retombe brutalement dans la réalité, les méos, Les "pou saos" chez Renaud, Vientiane, c'est tellement loin... Faux sourires, chignons bien tirés, perchoirs à conneries, robes à paillettes, rangées de perles sur double menton, "How d'you do" balbutiés, hypocrisie, bal masqué... il va falloir retrouver ces personnages dans leurs rôles étiquetés, appris à la perfection, va falloir jouer le jeu... sans y croire. Bien sûr, on nous traite avec savoir-vivre, avec largesse, hier, le 26 du mois, nous avons touché notre chèque : 8.400 H-K $ (environ 7.000F) c'est une grosse somme, une somme énorme à Hong-Kong, Francine s'est vite envolée pour s'acheter des chaussures, les plus belles des "Jourdan" je crois, et puis des celles qui lui ont tapé dans l'œil, un Nikkon pour moi... on regarde pas, ça ne nous est jamais arrivé, Francine et moi.


10 novembre 71 : Partis depuis 3 ans ! Cela fait plus de 3 ans que l'on a quitté la France… des grandes vacances nous tentent, on en parle presque tous les jours… Ce qu'il faudrait pour cela, c'est avoir un "trou" de plusieurs mois, contrat signé au retour, ni l'un ni l'autre ne pense vraiment à l'éventuel retour définitif en France... Pour faire quoi ? Question embarrassante, voire angoissante... Francine prof de français dans un bled paumé...? Parler des élucubrations du nouveau roman...? Quant à moi, attendre des mois pour qu'une place de bassiste se libère…? Refaire la musique abandonnée quatre ans plus tôt pour cause d'ennui ...? Planter mes choux à Pontaubert ? Plus nous avançons, plus nous sommes convaincus que notre duo a du succès parce que nous sommes hors de France.

Toujours est-il que pour avril prochain, c'est l'incertitude la plus totale. Les impresarii, d'Hong-Kong ? tous des chinois, sont peu ou pas du tout intéressés… pour eux, ramasser un pourcentage sur deux chanteurs, ça couvre à peine les communications longues distances sans compter qu'on est pas réputés pour notre docilité. Non, les productions d'Hong-Kong sont toutes orientées vers les films de violence, ils inondent le monde de leurs "kung fu" sanguinolants, ça, ça paye!

La famille de Francine s'interroge... On a reçu hier une lettre de la famille de Francine, on en rit encore, écoutez ça : " Qui se fait joie à l'idée de ce fiancé qui va enfin se matérialiser... " A bon entendeur salut, c'est moi l'fiancé ! . Plus loin : "... acceptent de voir ce Philou dont tu nous parles tant et dont tu seras la merveilleuse épouse..." Cette image du bonheur me laisse pantois, depuis presque quatre années que leur fille bourlingue autour du monde, comment peuvent-ils l'imaginer soudain derrière ses casseroles : voyage terminé, comme si on était en voyage de noces ! J'ai de la chance quant à moi d'avoir une mère sans préjugés, elle nous aime tels que nous sommes et chut, faut pas l'ébruiter : telle une fourmi, bouteille par bouteille, nous constituons une cave grâce au billet de 1US$ que nous envoyons chaque semaine dans notre courrier … et depuis notre départ au Mexique...


Fin novembre 71 : 22-24°, il fait encore un temps splendide, pas une goutte d'eau depuis le dernier  typhon de fin septembre. Nous nous baignons toujours bien que la mer soit un peu fraîche. Perchés, brinquebalés dans ces bus rouges anglais, on a le choix entre les plages de Hong-Kong : "Clear Water Bay", "Repulse Bay" et celles des Nouveaux-Territoires dans la péninsule du continent. Celles-ci sont plus éloignées, moins accessibles mais beaucoup plus sauvages et puis, au-delà, l'échappée, l'isolement de quelques heures ; des centaines d'îles, certaines minuscules, coiffées d'herbes, plantées de quelques palmiers, repaires de martins-pêcheurs. Il suffit de rester planté là, quelques minutes sur la grève, arrivera presque toujours un sampan, une femme à la quête de quelques sous, pantalon et tablier noirs, jambes écartées, bien d'aplomb, elle vous godillera jusqu'à l'île de votre choix, elle viendra vous chercher à l'heure indiquée sur la montre. Ayant déjà expérimenté leur service avec Mavis quelques années  auparavant, aucun souci, je sais qu'on peut leur faire confiance…

Bateau vignaultDans les mers intérieures avec Bernard Vignault et sa femme... Photo : Francine

Hong-Kong est le paradis des amateurs de voile. Certains sortent tous les jours : "Mieux vaut un voilier qu'une voiture", entend on dire ici. Pour un prix modique et après une vingtaine de minutes en taxi, vous serez "maître" de toutes ces mers intérieures... mais attention de ne pas trop dériver sur les îles contrôlées par la Chine, sans parler cantonnais vous avez vraiment peu de chance de rentrer chez vous pour dîner ! Tous les week-ends, des régates opposent américains. français, chinois, anglais, ces équipages s'arrachent les meilleurs marins de passage, tous les ans, Hong-Kong ­Manille aller-retour... marins de St Tropez s'abstenir... Au "Trou Normand", quartier général des "voileux", Bernard, excellent cuisinier mais aussi excellent marin et passionné de pêche sous-marine nous offre de chaleureux cafés au lait-croissants quand les gueules des employés du Péninsula se font un peu trop anonymes !


Les publicités : Heureusement, le "Peninsula Hotel"  n'est pas avare de publicités, chaque jour les deux principaux journaux de Hong-Kong rivalisent de superlatifs et d'humour pour nous faire mieux connaître, à chaque fois les commentaires sont différents , on a tout eu : "Fabulous Francine and Phenomenal Philou".Ou "Les oiseaux chantants reviennent". Nous avons été jusqu'à être : "Les vengeurs de Jeanne d'Arc"! Et même, je cite : "Francine et Philou, ceux qui sauvent tous les soirs la France de l'humiliante défaite de Waterloo, sont actuellement à l'Apéritif Bar..." (sic)  Après une telle trouvaille, il va de soi que tous les espoirs nous sont permis, on les aura nos vacances… On en voit du monde tous les soirs ; hier, les officiers du "Ragna Bakke" avec qui nous avons fait la traversée du Pacifique sont venus nous rendre visite; bien entendu, on leur avait dédicacé " La mer"… Une marée de champagne a aussitôt envahi le piano.

Hoto fusion hong kong

 

Article have guitar will travel


Cet enregistrement "publicitaire" a été fait à "l'Apéritif Bar" afin de donner un aperçu de notre répertoire international :

Extraits du répertoire : (0)  : Scarborouh fair (Trad. anglais). 1 m/n 20: La vie en rose (Monnot -Louigy). 3 m/n 40: Samba sur une note (Jobim -Distel). 5 m/n 27 : Guantanamera (J-F Diaz). 7 m/n 15 : La bamba (Trad sud américain et mexicain. 9 m/n 03 : Un homme, une femme (Barouh-Lai). 11 m/n : Raindrop keep falling...(Bacharach Hal David). 12 m/n 50 : La Seine (Monod -Lafarge). 14 m/n: Pigalle (Ulmer- Koger). 15 m/n 05 : 500 miles (Plante-West). 17 m/n 26 : C'est si bon (Betti -Hornez)

Les 6 pubs


Nos copains.

Hier soir dimanche, on a réuni les gens qu'on aime bien, on a eu un peu peur, tant de personnalités si différentes… suffit pas d'aimer le duo "Francine et Philou...". Tout d'abord :

Ingrid la Suédoise Chez nous, les marginaux de toutes les espèces, de toutes les classes sociales s'y rencontrent. En ce moment, on a Ingrid, même qu'on en a un peu marre, une sacrée bavarde et en cinq ou six langues ! Dans quel pays, sous quels cieux n'est-elle pas allée ? Depuis 10 ans, elle bourlingue sur les cinq continents, on s'est trouvé une quantité de connaissances communes, au Canada, au Mexique, au Laos... elle m'a parlé de mon pote Zabo...! tous les globe-trotters se connaissent, leur monde est tellement restreint. Tout de même, un peu envahissante la suédoise Ingrid !


"L'espion", tout le monde le connaît, il intrigue par ses allées et venues régulières à Hong-Kong, prend une suite au  "Peninsula" ou au "Méridien", ses repas au "Trou Normand"  à la table du chef Bernard Vignault , porte monocle, nom à particule, la bonne cinquantaine, s'exprime brillamment en imparfait du subjonctif. Quelques jours auparavant, à l'Apéritif Bar" et après avoir fait déposer un seau de champagne sur le piano, il s'est présenté : "Gérard..." puis, agitant avec humour un moignon, ce qui lui reste de l'un de ses bras, ajouta :  "Souvenir de l'O.A.S..." Fascinant personnage qui parle de De Gaulle comme s'il était toujours vivant, comme s'il était l'incarnation de son Dieu. Gérard débarque à la maison comme bon lui semble, ça lui convient tout à fait ce non-conformisme… Tout d'abord l'obligation de se déchausser pour franchir le pas de porte, ça élimine le plus gros des snobs et les emmerdeuses. Les autres, ceux qui vont rechigner à s'affaler sur les coussins, ne resteront pas longtemps, on restera entre nous : un bon procédé !  Gérard se sert un whisky :  "Faut-il vous dire combien cette piètre colonie française m'exaspère ? Ce ne sont que vils commerçants, anciens d'Indochine chassés par les rouges, trop médiocres pour revenir en France, l'Asie ne les intéresse même pas... A midi, au "Trou normand", l'un d'eux n'a pu résister : "Mais que traitez-vous à Hong Kong... ?" Il reprend, la voix sèche : "Acheter un tapis pour ma femme... J'ai eu la paix et pu ainsi finir mon repas tranquillement. Demain, je vous quitte, je m'envole pour New-Delhi, j'y possède un bar ."  ???... Ayant aperçu hier son passeport diplomatique dans sa suite au "Meridien", curieux moi aussi, je me hasarde : "Vous ne travailleriez pas pour Focard par hasard? -Cher Philou, je vois que vous lisez le "Canard" et pour ne rien vous cacher, je suis directement sous ses ordres mais vous n'en saurez pas plus." Ainsi Gérard celui qui alimente tous les bavardages d'Hong-Kong fait dans le "renseignement" à la frontière chinoise.


Patrick Colin , pilote d'avion, marin etc  . Et puis on a eu un Blaise Cendrars des temps modernes : un vrai aventurier : Patrick Colin ! marin de Cancale, bagarreur, interdit  de bar à St Malo, un personnage pourtant attachant, il a débarqué chez nous, envoyé de Vientiane par Renaud. Après avoir obtenu ses brevets de pilote d'avion au Texas, il s'est mis à parcourir le monde, petits contrats par-ci, par-là, compagnies plus ou moins bidons, pilote sans casquette! Bimoteurs à hélices… Un jour, sur "Air América" (baptisé air opium) après un aller Saïgon-Nord-Laos assez périlleux, il atterrit tant bien que mal à Louang Prabang … il connait le mécano, il raconte : " Dis j'ai un problème avec le moteur gauche, tu peux voir ça ce soir, je dois repartir demain matin… - OK chef ! Le lendemain matin : "J'ai changé moteur, je prend sur un autre en réparation… je dors pas la nuit, mais tourne bien. Patrick continue   "… comme d'habitude le zing était chargé d'opium, ça je le savais… mais au décollage, quand j'ai mis les gaz, bizarre, je tournais en rond… un moteur tirait plus que l'autre… J'ai du rentrer en crabe pendant 2000 km ! avec au dessus de la forêt laotienne les "Pathe Lao" qui me tiraient dessus ! A l'arrivée je me suis précipité pour voir… Les deux moteurs n'avaient pas la même puissance !!  Il enchaine : " L'année dernière, j'arrosais des bananes en Afrique, là j'ai eu des problèmes avec Bokassa mais c'est une autre histoire qui aurait pu mal se terminer… " Patrick vient de débarquer chez nous, épuisé après avoir fait le marin plusieurs mois en Indonésie sur un voilier transporteur de yati, bois précieux, on passe des nuits à l'écouter.... Encore des histoires, Patrick, demain midi, t'auras droit à 6 croissants de chez "Fauchon"…

Côtés félins : Jeannette, une ravissante métis sino-vietnamienne : mélange explosif, qui cherche un "mari-qu'à-des-sous"  mais qui,  pour essayer ses griffes, n'hésitera pas à se glisser dans notre lit un soir où l'on aura un peu trop bu de champagne. Griserie d'un soir, curiosité ? Je suis convaincu qu'un tel plaisir pour qu'il soit partagé pleinement, comme il le fût, ne peut-être qu'éphémère et complètement imprévisible. Quelques jours plus tard quand Jeannette essaiera de me revoir seul en excluant Francine, c'était là son but, on la fout'ra dehors !


"La banque de l'Indochine" est représentée ! Un autre marginal, un officiel celui-là puisqu'il est directeur général de la Banque de l'Indochine, ses cheveux un peu longs et sa liaison avec une fille-qui-lit-le-Nouvel-­Observateur et de 25 ans sa cadette, "au moins", suffisent pour le faire montrer du doigt… Doit être sacrément compétent dans son boulot pour que la société hautement conservatrice de Hong-Kong ferme les yeux...


Côté populaire, côté Ménilmuche, on est gâtés, le tonitruant, le pétaradant Tintan est là, l'ex-employé des  "affaires étranges" comme il dit, viré pour avoir rendu, bravement un service à un ex-type de l'O.A.S. On l'dira pas à Gérard, promis ! "Font chier... moi j'fais pas d'politique... tous des cons..." c'est son dernier mot ! Quant à Barbara c’est elle qu'a trouvé prétexte pour s'engueuler avec son Enzo afin de lui claquer la porte au nez et rappliquer chez nous! Pas besoin d'lui dire de r'tirer ses godasses... Gérard lui promet des couchers de sommeil sur l'Himalaya…


Barbara couture : Ce mois-ci, on s'est payé une chaîne Hi-Fi Akai et puis encore des chaussures, Francine s'en ramène une ou deux paires par semaine, cette fois, des "Jourdan", j'aime pas ! Elle passe beaucoup de temps à dessiner, s'imagine des robes, concrétise ses rêves de petite fille. Elle passe du charme romantique à la femme fatale, ça l'amuse ces déguisements. Pour toutes ses réalisations, elle s'est dégottée une Française venue rejoindre récemment son  musicien de mari italien et cherchant à s'imposer dans la couture : c'est "Barbara-couture".

Je connais bien son mari : Enzo, un sacré charmeur de chinoises, beau gosse, le genre "Delon en p'tit modèle", le type de beauté occidentale qui plaît aux filles asiatiques. On le rencontre presque toutes les nuits vers 2 heures du matin dans un restaurant où se retrouvent musicos et show-business. Ce soir, j'y suis seul, Francine est rentrée se coucher, Enzo est en très charmante compagnie mais en profite pour me faire ses confidences d'homme, me rendre complice de ses incartades : " … tu comprends, nous les italiens, pour faire l'amour, zé besoin d'une femme différente à chaque fois et si zé cousse deux fois avec la même, zé peux pas.. zé bande pas ! - Et Barbara ? - Zé lui dis que j'ai répétition toutes les nuits au "Mandarin" après le travail, sauf le dimanche..." Là, il se marre… " Mais zé peux comme ça rentrer pour 4 h mais pas plus tard, toute la zournée, zé dors.." . Sa chinoise, miss Hawaï, paraît-il, le dévore des yeux; elle ne comprend vraiment rien à notre charabia d'oiseaux...

Quelques jours plus tard, on a la visite de Barbara-Couture, grande toilette. Seule, elle s'installe autour de notre piano-bar, fume-cigarette, tout de la vamp... "Un cognac ! -Ben dis donc… t'as l'air en forme... - En rogne oui ! c'est encore mon Enzo ! Figurez-vous… hier soir dimanche : ceinture, on s'est engueulé vers 5 h pour une connerie... il a foutu le camp toute la soirée, moi j'en ai marre, j'en ai marre... un jour par semaine c'est déjà pas beaucoup et on s'engueule... d'abord à partir de maintenant, j'prends un amant. Francine, c'est décidé ! j'compte sur toi..." Le lendemain, Francine téléphone à Barbara : " Ecoute, un irlandais est là tous les soirs, il devrait te plaire, dans le genre Dean Martin, il a l'air de s'emmerder et vient faire la parlote avec nous tous les soirs... - J'arrive... On prévient aussitôt John : on a une amie française qui s'ennuie, on tient notre appartement à sa disposition, elle va arriver... " Allez Francinette envoie "Plaisir d'amour...". Une demi-heure plus tard, Barbara est là, tout y est : faux cils, fourreau noir, pelisse sur gorge abondante, un vrai personnage à la Lautrec. On lui présente John, Barbara lui décoche un de ses plus beaux sourires, il lui plaît... ils disparaissent et s'installent confortablement dans un recoin du bar. A la pause, on vient, John veut nous offrir un verre. Lui, ne parle pas un mot de français. " Alors, il te plaît, où t'en es ? - Qu'est-ce qu'il parle ! il n'arrête pas... j'comprends pas un mot, je crois qu'il parle d'un film… j'ai compris "Un homme, une femme", je fais semblant de comprendre..." Dix heures, onze heures, minuit : ils sont toujours là. Intarissable bavard ce John, intarissable buveur... Barbara en était à son sixième jus d'orange, quand Francine voyant l'heure tourner avec l'envie de rentrer nous coucher, brandit nos clés au-dessus du piano et leur tend impérativement : " Now, stop talking! action! " . Ils se sont levés, enfin, sont partis chez nous après un dernier whisky pendant que nous allions retrouver Enzo au restaurant des show-business.

Le lendemain : " Alors, c'était bien ? - Ah! m'en parlez pas d'votre irlandais... - ???? - Sitôt rentré chez vous, il a vu la bouteille de whisky pendue au plafond, il s'en est servi une bonne dose et m'a raconté la suite du film... Alors je l'ai planté en pleine discussion, suis allée dans la salle de bains, me suis foutue à poil et suis rentrée comme ça dans le salon... Ah ! vous parlez si j'étais déçue, un vrai lapin, j'attends toujours ! Il n'a même pas pris le temps de se déshabiller, dix minutes après, j'ai eu un mal fou à le réveiller, je m'attendais à vous voir arriver d'une minute à l'autre, qu'est-ce qu'il ronflait, ah ! vous parlez d'un zigoto...


La drague des chinoises... Ça fait maintenant plus de 3 mois que nous habitons notre immeuble et j'ai vite repéré leur manège : à chaque fois que je me trouve dans l'ascenseur, l'une d'elle s'arrange pour s'y trouver également. Les yeux baissés durant la première semaine, un timide regard adoucira la seconde et l'on entrera dans le vif du sujet dans la troisième : ce que je fais comme business et combien je gagne ! On est à Hong-Kong !

Tisser un "carnet d'adresses"... Non, ce ne sont pas des putes, elles n'emploient pas ces procédés; simplement des collégiennes qui font leurs premiers brouillons, patient tissage de "connaissances" qui leur permettront de s'évader d'Hong-Kong dès que le terrain sera sûr. Enticher le "gwuélo" comme premier objectif. Après, c'est la vaste gamberge… que va t'elle pouvoir faire pour l'amener à ce qu'il lui offre de l'argent. Là elle sera géniale et saura le combler d'amour. Aussi, quand je leur dit que  " nous" chantons à l'Apéritif du " Péninsula", elles essayent encore de ramasser un tout petit cadeau pour ne pas perdre la face devant tout ce temps perdu : un foulard, une bricole et puis, soudainement, disparaissent du quartier... Pour ce qui se serait ensuivi si j'avais été célibataire, je ne connais que trop bien les différentes péripéties amoureuses qui me sont déjà arrivées en 65 et plus tard en 73… (consulter les autres  pages de ce site concernant Hohg-Kong...)


Pour Noël , on a envoyé des poupées à nos mamans, on est allés les acheter dans les magasins communistes, des poupées en bleu de chauffe avec l'insigne Mao. Emouvante, ma mère quand elle raconte sa triste enfance placée dans une ferme morvandelle où elle "chipait" dans la cave, les plus gros poireaux pour s'en confectionner des poupées... "Une poupée par pays, tu dois déjà en avoir une belle collection, hein la mamé ?"

Réveillon… 71 Le jour de l'an, c'est jamais drôle pour les musiciens. Il a fallu tenir le coup de 8 h et demie jusqu'à 4 h du matin, accueillir les fêtards, les voir partir avec soulagement, fins saouls, démarche somnambulesque. Un anglais de Hong-Kong ne titube jamais, il s'accroche à sa raideur britannique, seul son nœux papillon de travers trahit la sacrée dose… Je compte les tables, tout en chantant, c'est pas facile mais ça passe le temps : dans une demi-heure, les loquedus du fond devraient être partis... Mais oui, c'est exact, en un an et demi passé à Hong-Kong, je ne me souviens pas avoir vu un seul chinois ivre, je ne me souviens pas non plus avoir vu deux chinois se battre... D'un seul coup : irruption volcanique dans le bar, c'est tut-tut-tut-chapeaux-pointus : des irlandais ! un vrai bataillon, eux au moins ils vont chanter, on va se contenter de les accompagner… "Ce soir ma vieille, on n'est pas sorti d'l'auberge… !"  Les aiguilles de notre montre nous ont traînés jusqu'à 4 h du matin, la voix rauque, la gorge irritée, à point pour deux bonnes pharyngites. Emmitouflés jusqu'aux oreilles, nous sommes quand même allés narguer gentiment les musiciens italiens du "Hyatt" qui eux, étaient encore en plein carnaval : "Bonne année les copains"! Ça n'a pas loupé, quand l'organiste a fait les huit denières mesures de "C'est si bon" et qu'ils nous ont annoncés au micro : il a fallu y'aller !


Recherche d'une future destination... Pendant huit jours, on n'a pas arrêté.  A huit pattes sur le tapis, on a découpé, photocopié, classé nos quelques 18 articles de presse en espagnol, en français, en anglais, en coréen, en japonais et en chinois. Trente dossiers, pas moins, contenant chacun 3 photos 18 x 24 cm dans des costumes différents et prises au déclencheur automatique à la maison ! Trente dossiers à envoyer dans les 30 plus grands hôtels Internationaux d'Asie. De Djakarta au Japon dans le sens sud-nord et de Bangkok à Tahiti dans le sens est-ouest. Chaque dossier pesant environ 150 grammes, le tout par avion. Pour ne rien omettre : une grande ardoise en anglais nous rappelle de ne pas oublier :

-  Les caractéristiques des passeports.    

-  Que nous ne seront pas libre avant le 1er juillet 72. 

-  Que le salaire doit être net, sans taxes ni pourcentages.

-  Que nous demandons d'être nourris mais surtout logés à l'hôtel où l'on travaille afin de  pouvoir répéter, de changer de costume et de maquillage plus commodément.

 - Que nous pouvons chanter 2h 30, 5 fois une demi-heure dans un bar bien ventilé mais que  c'est un maximum.

 - Que nous demandons une estrade de 30 cm  par 2m sur 1m,50 avec  prise 220V  et de 2 spots.

- Que le voyage à partir de Hong-Kong soit payé ainsi que les quelques 150kg de surplus   

de bagages

Duo a hong kong 50Pas très naturels au déclancheur !

Ouf ! y'a plus qu'à attendre. En tous les cas c'est décidé, on va prendre trois mois de vacances. Si on précise que le salaire doit être "free of taxes and pourcentages" c'est qu'on vient de recevoir deux lettres fort désagréables. La première me rappelant que j'ai oublié de payer mes impôts avant de quitter Hong-Kong en 1965 ! 10% sur ce que j'avais gagné à l'Ambassador Hotel et à l'Hilton ! La seconde nous demandant de payer un accompte sur ce que nous gagnons au "Péninsula" soit 6000 H-K dollars (5400 f), somme dont une partie nous sera rendue à notre départ.


20 janvier 72. Le bar est plein tous les soirs, le manager nous propose de nous prolonger avril et mai. On n'a pas dit non, mais on fait tout de même un peu la gueule devant l'éventualité de ne pas partir en France. Tous les jours, le premier réveillé descend aux croissants chez "Fauchon" mais surtout au courrier-suspense.

27 janvier 72 : Une dizaine de réponses nous sont déjà parvenues : Le "Hyatt" de Bangkok nous propose un contrat de 6 mois mais dans deux mois…  Dans 2 mois, on sera en plein départ.- L'Hilton" de Manille nous demande de le recontacter dans 3 mois. - Le "Shératon" de Singapore est intéressé dans 6 mois. - Le "Shangri-La" de Singapore n'est pas encore ouvert, nous renvoie donc notre dossier en nous demandant de le leur restituer dans un mois quand le premier secrétariat sera déjà en place. -  L'Hilton de Tokyo vient d'être pris par un trio philippin. Quant aux cinq principaux hôtels de Hong-Kong, ils ont répondu en chœur qu'il n'était pas dans les usages de la colonie de prendre des artistes venant de séjourner dans un hôtel concurrent ! Note positive : aucun hôtel ne conteste nos prétentions soit 1 500 U.S. $ nourris-logés mensuels.

30 janvier 72 : L'hôtel "Maeva" de Tahiti nous demande de le contacter dans 6 mois : fonction de la distance, les contrats se signent à l'année. - L'Hilton" de Guam et celui de Singapore sont en négociations avec un trio philippin et nous demandent de patienter quinze jours, une place est à prendre dans l'un des deux hôtels. - Le "Nipa Lodge" de Pataya, la plage de Bangkok, est également intéressé, le directeur nous a déjà entendu à l'Apéritif Bar.


Suite dans la page :

Clap et fin du duo

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