Itinéraire d'un jazzman1961/1962

Itinéraire d'un Jazzman (suite)

 

1961

Janvier 61 : au Slow-Club. Dès le 5 Décembre 60 Marc Laferrière  m'offrit  de remplacer Jacky Sanson  bassiste attitré du Slow-Club. Le "Slow", depuis des années,  était ouvert  tous  les  soirs  de la semaine, sauf le lundi, plus  les  matinées  du  dimanche pour les moins de 18 ans.  Le "Slow" avec "Le Caveau  de La  Huchette",  étaient   les  deux meilleures  affaires de Paris. Du mercredi  jusqu'au dimanche soir, le "Slow" était plein comme un œuf. Tous les dimanches après-midi  nous avions de jeunes couples de danseurs de bop. L'un d'eux était particulièrement entouré : elle légère, menue et très bonne danseuse : Brigitte la femme de Marc et lui, tout en rondeur, débordant de sympathie auprès des musiciens : Carlos... qui n'avait pas encore 18 ans ... Le 3 février 60, un tout petit, tout petit futur guitariste a failli naître dans cette cave ! : Olivier Blot.

61 6 slow club chez marc lafferiereUne vie au Slow Club : Le Dimanche soir était réservé aux bœufs. La place exigüe de fond de cave limitait les participants… A l'époque, l'orchestre comprenait Paul Rakotonirina ("Rako") merveilleux pianiste, un musicien "caméléon" qui savait faire "la pompe des anciens" mais aussi jouer dans l'esprit d'Errol Garner ou de Duke Ellington. Un harmoniste qui parfois  me soufflait, une seconde avant , des basses précises pour faire sonner ses accords. Il y avait l'ami Latzy Farkas, tromboniste hongrois,  toujours co-pilote de ma 2 cv dans les concerts aux quatre coins de France,  Rolph Bürher de Zurich (trompette à l'époque) et Maurice Martin, le titi de Sarcelles, excellent batteur admirateur de Jo Jones, mon régal ! Une rythmique d'enfer ! Quant à la paie, c'était moyen : à l'époque 35NF par soir et 55 NF pour les matinées et soirées des dimanches (mais le litre d'essence coutait 0;50 NF! ),

Son chef : Marc était un bon chef d’orchestre, sérieux quant à la gestion de son entreprise et toujours très drôle sur le podium. Je suis resté, cette première fois, 10 mois dans son orchestre jusqu’à la fin septembre 61. Je deviens donc musicien professionnel à plein temps mais mais déclaré que les week-ends...(condition de la direction du "Slow Club" !!). Musicalement, le répertoire était différent de celui des "Dixits cats" (Celui du "All Stars d'Armstrong"). Marc étant admirateur de Sidney Béchet... Cet orchestre était très demandé en province aussi son chef, très organisé avait prévu quelques orchestres "surs" pour nous remplacer durant les galas de "Grandes Ecole" à Paris et en province et surtout durant les 2 mois d'été, où il prenait des vacances : Les orchestres : "Les Tin pan", les "Gipsy sandows" et le groupe de Claude Brau nous remplaçaient.  Le "Slow-Club" était une affaire sûre et sérieuse , Marc et Rolf  y resteront 10 ans !  J'avoue n'avoir jamais trop aimé la routine…


Février 61. En dehors du Slow-Club, Après les fêtes, les galas avec Marc se font rares... Aussi  Michel Huet (S.soprano) avait rassemblé un orchestre, sans nom, sans chef et sans photo!, sans doute pour quelques affaires... Michel, ce regretté ami m'avait remis des années plus tard un 45 tours (non commercialisé) dont un seul morceau sur les 4 était récupérable... Si quelqu'un en possède un moins abimé... et une photo de ce groupe, je pourrais refaire la "vidéo".

 

Thème joué : Sweet gorgia Brown par Stef Guerault (cl), Jean Irigaray (tp), Michel Huet (ss), Christian Rameil (p), Gilles Nicolas (dms) et Lucien Blot (contrebasse).


Du 12 juillet au 22 août 61.à Royan.Pour la saison d’été, Marc avait l’habitude de laisser le champ libre à ses musiciens. Aussi, mon ami Pierre Lamalle, ce super tromboniste qui montait un  quartet pour la saison à Royan : à "l’Altitude 0", m’a  proposé de tenir la contrebasse pour 30NF par jour, nourri le soir. Ce quartet de jazz moderne était composé de Roby Davis, pianiste allemand et d'un certain Marc, excellent batteur Suisse . 

61 7 royan a altitude 0A "Altitude zéro" de gauche  à droite : Marc , Roby Davis, Pierre Lamalle (virtuose du   trombone) et "Lulu" à la grand-mère.

Chorus de basse royan


Besoin d'aventures musicales...Je venais de terminer ma deuxième année au Conservatoire de Versailles, classe de contrebasse avec Mr Logerot puis avec Mr Cazauran. L'archet obligeant à jouer juste, je commençais à être plus à l'aise dans mes chorus. D’autre part, les dimanches soirs réservés aux bœufs me faisaient connaître de plus en plus auprès d’autres musiciens de la génération précédente. J’avais déjà  participé à l’enregistrement de deux courts métrages avec François de Roubaix (tb) les 25 avril et le 7 juin 61. D'autre part, le bassiste de Georges Brassens : Pierre Nicolas, me demandait quelque fois de le remplacer dans les camps américains où il gérait plusieurs formations. Et puis, l’envie de jouer un répertoire autre que celui de Sidney Bechet me démangeait. Avec Gérard Raingo, le pianiste de Maxim Saury, on commençait des répétitions afin de monter un trio du style Oscar Peterson avec Michel Boiron à la basse, trio dans lequel je retrouvais ma guitare… : c’était tentant de quitter le Slow-Club pourtant une si bonne affaire ! Enfin, devant l’offre de jouer aux côtés de Jo Dali, le "Lionel Hampton français", me proposant  de faire partie de son trio, j’ai craqué ! J'ai donc pris ma liberté auprès de Marc pour le 17 Septembre 61.Prévenu 1 mois à l'avance, Marc va se montrer très compréhensif quand je lui annonce mon choix. - Jouer tous les thèmes de Lionel Hampton au côté de "Jo Dali" : tu te rends compte ? Avec l'ancienne vedette de "La Rose Rouge" ...


Bilan de 8 mois au Slow : Depuis décembre 60 avec "l'orchestre Laférrière" nous avions fait 14 galas, la plupart dans les Grandes Ecoles : Nuit de la médecine à Lille 17/12/60, le Bal des Ponts et Chaussées au Palais d’Orsay le25 février, le Bal de la Chimie à Rouen le 4 mars, le Bal de l'Ecole Hôtelière à Paris le 12/3/61, Point Gamma Polytechnique le 13/5/61 etc.. etc. Ces galas étaient payés en moyenne 135 NF.


Octobre et novembre :Je me retrouve donc tous les soirs au "Vieux-Co" rebaptisé " Labelle époque" dans le trio de Go Dali avec Jacques Lautier à l’orgue Hammond, Japy Gauthier (dms). Bernard Poulain venait (ts) en renfort pour les week-ends. Aux attractions passaient Jean-Claude Darnal pour une semaine puis Jacques Verrière (Compositeur de "Mon pote le gitan" ) pour une autre. Jean Yanne arrivait le premier Pas toujours aimable avec les musicos : - "J'espère que vous avez bien chauffé la salle...? Nous étions un peu ses subordonnés. Il présentait la 2ième partie de la soirée en commençant par son tour de chant en s'accompagnant de son guide-chant ! Le plateau d'artistes comprenait : le chansonnier : Richard Marsan, le dessinateur Datzu, l'actrice Jacqueline Page, le grand timide Pierre Rambal sans oubliier humour noir de Pierre Doris. Ils étaient sans doute les précurseurs du café-théatre tant leurs répliques étaient drôles.

Par ailleurs, le Trio Jo Dali avait " les affaires" des défilés de mode dans lesquels les standards de Jazz devaient changer à chaque annonce de robe, évidemment les morceaux ne devaient pas dépasser 20 ou 30 secondes ce qui excluait toute improvisation... en revanche, on devait jouer un grand nombre de thèmes standards issus pour la plupart des films musicaux américains : un thème par robe présentée... Dès l'apparition du mannequin et suivant son inspiration, Jo annonçait la couleur : "Tea for two" ou "Cheek to cheek" et ça swinguait déjà. A !a la fin du défilé, on avait droit aux marches nuptiales !!  Mais,sans swing !     

Les matinées des dimanches se passaient au Pont de La Varenne/Marne, dans les quartets soit de Jean Tordo (cl), avec Claude Fougeret (p) et Gérard Hugé (dms) soit dans celui de Dany Doris (vb), avec Paul Rako (p) et Jean Guérin (dms) avec qui j'adorais jouer. Marie ange Martin:  la "Charlie Christiane" de la guitare était souvent de la fête...                                                                                                                         


Décembre 61 : Storyville de Cologne Une fois de plus, je me retrouve en Allemagne toujours dans une affaire d’Armand Gordon (p). Cet orchestre était toujours dirigé par le pianiste Jacques Lautier. Mais le répertoire de Jacques était un peu particulier, car il affectionnait particulièrement Ray Charles. Des thèmes de Ray Charles sans chanteur, il fallait oser ! Wani Hinder de Zurich était au baryton, Michel Miroux aux tambours, Rolph Bürher à la trompette, Bernard Poulain au ténor et je tenais  la contrebasse. Les cachets étaient de 30 Marks par soir (soit 36Nf), et la vie était moins chère en Allemagne. Nous devions y être de 19h à 11h avec des poses tous les 3 morceaux. Chaque pose étant limitée à une demi-cigarette !! On se faisait rappeler souvent à l'ordre : arbeit ! arbeit ! Le public était jeune, il arrivait à l'ouverture avec souvent des patins à glace autour du cou... Les orchestres changeaient tous les mois et surprise, chacun des musiciens fut dragué par une fille. Des musiciens nous avait prévenu avant de partir : il y a la fille du bassiste, la fille du trompette et tous les mois elles changent de mecs mais pas d'intruments !!


 

1962

(extrait du livre...p.5)  En janvier je remplace le nouveau bassiste du Slow-Club pour 3 semaines et continue de jouer les week-ends au Pont la Varenne dans le quartet de Gilles Thibault (tp) avec Paul "Rako" (p) et  Jean Guérin ou Gilles Nicolas à la batterie. Les dimanches après midi, j'avais déjà eu la tâche de récupérer "Rako" Fb St Antoine, pour l'emmener au Slow-Club encore endormi!… Pour le Pont de la Varenne, cela devenait une habitude. Quand j'étais fatigué  d'attendre, le réveil étant trop difficile, c'était Marie Ange Martin qui le remplaçait à la guitare dans le style Charly Christian : un vrai régal !


Au Théatre Pacra. Suis demandé pour accompagner une chanteuse à textes : Hélène Martin  (3 jours de répètes pour 2 jours de concerts en matinée et soirée.) Je découvre un autre métier : écouter les nuances de tempo, rattraper les fautes de mesures... C'est plus difficile que d'accompagner Ella Fistgerald !


Le 7 février, Paul Piguillem , ancien guitariste de Jacques Hélian me passe l'affaire du "Keur Samba" (anciennement "la Rose Rouge", rue de Rennes).

Les folles nuits de "Ker Samba". L'affaire "Keur Samba" était une très  bonne affaire, 6 jours par semaine (50NF par soir). Deux orchestres alternaient toutes les demie-heures : l'un cubain, l'autre de jazz de 9 h 30 jusqu'au départ des derniers clients… La musique ne devait pas s'arrêter. A la fin de notre set, le morceau convenu: "Beguine the begine"  appelaient nos remplaçants cubains qui jouaient aux dominos dans l'arrière salle. Un par un, les percussionistes formant le "tumbao" : (congas +timbales + basse + montuno binaire au piano. Les soufflants enchainaient "Siboney" de Lacuena (en hommage aux esclaves déportés à Cuba. A la fin de leur set, ils reprenaient "Beguine the begine" et, un par un, les jazzmen transformaient la pulsation binaire en ternaire avec son "cha ba da" . Le phrasé des jazzmen devenaient ternaire, c'était magique.

Huit ou neuf musiciens latinos étaient là, de octobre à fin Juin , on s'est régalé avec les "Matecocos", puis les "Charangas" ( le style "charanga" est un groupe spécifique qui emploie 4 violons jouant des "riffs" dans la partie "montuno" alors que la flûte traversière (en ébène) est seule habilitée à faire des chorus.) Dans l'orchestre de jazz on était sept : Raymond Fonsèque (Tb), Pierre Dutour (tp), Jacque Nouredine (Cla. et baryton) Armand Miggiani (cb), Jackie Castan (p). Jackie deviendra plus tard chanteuse de studio puis prof de chant au Conservatoire du Studio des variétés. A la batterie swinguait mon vieux copain Jacky Cézaire.(Voir plus haut en 1959). Enfin, j'avais repris ma guitare.

Quelquefois, vers 4h du matin, quand les habitués de "La Tour d'argent", déjà bien chauds, faisaient irruption sous la conduite de la pulpeuse et bien allumée… Ava  Garner : c'était champagne à gogo pour tous.. Mais pour les musiciens de l'orchestre qui restaient seuls, pour la fermeture, c'était vraiment très long… On sortait rue de Rennes, il faisait jour et les ouvriers partaient au boulot en vélo en sifflotant... Plusieurs fois en fin d'année, les 2 orchestres de "Keur Samba" ont été loués pour des réceptions privées de la "haute société"  notamment chez Guy de Rohtchild à St Philippe du Roule, près du piano se tenait le Duc de Winsor très amateur de jazz, et puis dans un immense salon : Mel Ferrer, Pompidou, Yul Briner Audrey Hepburn etc... Des soirées se passaient également chez "Maxims" pour le Comte de Nouailles (Malraux, l'habitué était là...), dans les jardins de l'Elysée pour le Comte de Beaumont etc.

Anecdote: Dans les Jardins de l'Elysées plus de 500 invités s'éparpillaient sur les pelouses. trois estrades étaient dispersées, un orchestre russe était là également ainsi que Jacques Chazeau et les Petits rats de l'Opéra. Bref : du beau monde. Avec ma guitare, je me plaçais souvent à côté de mon copain Jacques Nouredine (Sax baryton). A deux mêtres de nous, surpris par toutes ces magnifiques femmes qui nous  dépassaient d'une tête : "modèle mannequin", je lui chuchote : " T'as vu ces nanas !  ces belles mains qu'è zont..." et Jacques, entre deux phrases d'impros au baryton : " Oui-mais-ai-font-pas-la-lessive..." 


Le 27 Juillet 62 :  Saison au "Casino Bellevue" de Biarritz.

Extrait du livre... La saison au Keur-Samba se terminant fin juin, Charly Delsart  ancien 1eralto de l'orchestre Jacques Hélian me contacte, il cherchait un guitariste pour la saison au Casino de Biarritz du 27 juillet  au 9 septembre 62 (contrat à 65NF par jour). Je me suis retrouvé dans un orchestre dont la moitié des membres ne se connaissaient pas ! Par contre, j'avais déjà joué une semaine au "Bidule" rue de la Huchette, 2 ans plus tôt avec un excellent pianiste de jazz belge, c'était Francis Coppieters. Charly Delsart pouvait improviser dans l'esprit de Charly Parker ! Pétrusque (tp) et Maréchal (cb) n'étaient que lecteurs mais quels lecteurs! Chaque semaine, on répétait avec les nouvelles attractions : une seule lecture leur suffisait !

Quant à moi, non lecteur à vue malgré mes deux années et demie de Conservatoire de Versailles, le pianiste devait me souffler la structure des morceaux qui n'avaient rien à voir avec un répertoire Jazz. Quant au batteur, c'était un sambiste Brésilien de Sao Paolo : Ney del Castro déjà connu à la Grande Séverine  Quand je l'ai entendu, ce fut un choc : sifflet (Apito) entre les dents, il enchevêtrait 5 rythmes différents : une "batucada"  à lui tout seul !. Il m'apprit  tout de suite la "batida" du  cavaquinho, à faire dans le haut du manche de ma guitare, je n'oublierai jamais ce personnage : "Un indien chevauchant sa batterie". Pour faire joli, cet assemblage  hétéroclite de musiciens était chapeauté par le chanteur mondain Rénato, une sorte de Tino Rossi qui connaissait tout le gratin de Biarritz. A la rentrée Ney fera appel à moi pour jouer de la contrebasse dans son orchestre Brésilien de " La Grande Séverine", affaire laissée par le grand Sivuca, accordéoniste du Nord-Est Brésilien. "La Grande Séverine" employait à l'époque 3 orchestres , les Jazzmen au sous-sol, les "Brésiliens" au rez de chaussée et les Russes au premier étage.


Les délires de la grande Séverine :

Extrait du livre p.6 : Je laisse la parole à René Urtreger : "J'étais là bien avant les orchestres brésilien et russe. J'avais Emmanuel Soudieux (cb) et Franco Manzecchi (dms) à la rythmique et parmi les soufflants,  il y avait François Jeannot (ts) et Luis Fuentès (tb) et de temps en temps !! :  Chet Baker…  En fait de Jazz, on devait jouer de la musique douce, pour  ne pas perturber les  dîners d'affaires… En réalité, le patron du lieu, un grand Editeur ne savait pas trop ce qu'il voulait comme style d'orchestre… plus tard il a ajouté un orchestre brésilien au rez de chaussée et un orchestre russe au 1ier étage ! "

Chez nous, avec Ney del Castro, les gens venaient pour danser et faire la fête, particulièrement  les vendredis qui devenaient des  "soirées carnaval" avec un répertoire "samba". Les étudiants brésiliens de la cité universitaire ne manquaient jamais ces vendredis de folie…. C'est dans cet orchestre où j'ai pris, je ne le cache pas, mes plus grands "pieds musicaux"! . La bave sur la basse!! (sic). Notre groupe  comprenait Ney del Castro (dms), le martiniquais Fayovet (tp), le cubain Picolino (ts), le chanteur brésilien Hélio, le pianiste Gérard Dourian, et moi-même, cette fois à la contrebasse. Quelque fois, Michel Portal venait, à la flûte en remplaçant de Fayovet. Pendant les pauses, j'allais écouter l'orchestre russe, accordéon et balalaïkas menés par Marc de Loutchek, Aliosha et la chanteuse Olga Potemkine : un autre délire… Avec les larmes de nostalgie… Une nuit, à la fermeture, un cauchemar nous attendait à la sortie : une fusillade entre le MNA et le FLN  dans la rue St Séverin. Impossible de sortir!, les CRS bouclaient le quartier.


Je suis resté à La Grande Séverine jusqu'au 20 décembre 62 pour partir 15 jours au sport d'hiver en Suisse à Crans-sur-Sierre  avec le grand trompettiste, le doux swingman  Bill Coleman, accompagné par Bernard Estardy, Gilles Nicolas,  Charles Barrié et son phrasé Lester Young au sax ténor et moi à la guitare basse. (Cachets de 60 FS moins les impôts suisses. Une jolie fan de 16 ou 17 ans était là tous les soirs, en voisine :  Géraldine Chaplin.

A crans sur siere 1

 


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La vie en Jazz  1963/64

 

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