Jazz à Paris Avril 57-juin 60

 

Itinéraires d'un jazzman

 

1943...?

3 43 lulu et son violonNé en 1934 à Paris, on fait apprendre le violon au "p'tit Lulu"  pendant 6 ans. A la fin de la guerre, les dimanches on sortait les instruments dans le pavillon de Malakoff, mon père à l'accordéon, style musette, ma cousine Lucie, et son frère Fred, tous les deux réunionnais et moi au banjo. Sur l'ensemble :  guitare, mandoline ou banjo ténor, je découvre toutes les mélodies populaires restées vivantes  dans leur île de la Réunion : des valses mélancoliques, des polkas, mazurkas, fox-trots, beaucoup plus festifs que mes sonates au violon... Plus tard, vers 16 ans, l'été, dans les fortifications de la Porte de Vanves, (à la place du périph. actuel), je vais faire connaissance avec le swing manouche à travers  les impros de plusieurs super-guitaristes  : René Mailhes, Patzo...et d'autres dont j'ai oublié les noms...  Salut à vous tous, musiciens inoubliables...


Lulu au banjo (doigtés du violon...) et ma cousine (par alliance) : Lucie.


Vers 17 ans, un copain du Lycée technique de Suresnes me fait découvrir le caveau de "la Huchette" où jouaient des jazzmen de styles complètement différents : Mickey Larché (tp) Claude Gousset,  ou Raymond Fonsèque (Tb), Raoul Thibaud (p), Jean Marie Ingrand (cb) et Roland Oudinet (dms).  Avec leurs collectives de chorus entremêlés, les couples  danseurs de bop éjectant les timides à coup de fessiers , dans cette ambiance "quartier latin" fleurie de leurs derniers zazous,  le titi de Malakoff que j'étais  n'en croyais ni ses yeux, ni ses oreilles !!

Vers 19 ans, au "Baxter" rue Chaptal, tout près du Hot-Club France, je vais faire la connaissance de Jean-Pierre Lesigne et son orchestre de Jazz.  Jean-Pierre m'invita  à venir faire le bœuf à la guitare chaque vendredi soir. Les samedis soirs, dans une toute autre ambiance : une musique  plus populaire m'attirait tout autant : celle des mambos,  joués à "La Cigale" à Pigalle : un ensemble de noirs et de métis, alternait leur répertoire de "Musiques typiques" entre boléros mambos, biguines et be bop.  Des musiciens GI's noirs-américains :  Jack Butler (tp), Benny Waters (ts) et des jazzmen caraïbéens  : Robert Mavounzi (as); Al Lirvat (tb) guadeloupéens sans oublier  un jeune chtimi de mon âge : Ivan Jullien (tp) qui venait faire des bœufs...


1955

Mars 55 : Service dans la Marine Nationale 

6 la manche au lavandou 1A partir de mars 1955, je vais me taper 27 mois de service  dans la marine à Toulon. Le hasard me fit retrouver Jean-Pierre Lesigne, marin, tromboniste, poète et futur créateur du Drum-Club de Toulon ! Ensemble, on fera quelque fois la manche au Lavandou pour se payer le resto ; en uniforme  la première fois! Heureusement qu'on s'est pas fait piquer! On était bon pour la tôle!

13 a toulon avec jean featA Toulon avec mon pote Jean Féat, celui qui se fout de ma gueule!  Si tu es toujours de notre monde, fais moi signe...

1 orchestre drum club 1En 56, on ouvre le "Drum's club"  pour pouvoir jouer durant la saison d'hiver avec le quartet de Roger Goualch (dms). Dans cette cave auront lieu des bœufs avec Benny Bennet (dms) et Tito Puentes (tp cubain). On fera quelquefois "le mur" pour aller, en scooter au "St Jam's" de Marseille boeufer avec André Busu (g), Henri Byrs (p), Marcel Zanini (cl), et "La pogne" à la batterie.


1957

1 benny bennet 57

Roger Goualch cède sa batterie Benny Bennet, Luis Fuentès et un autre trompette (Michel Poli ?), dont on aperçoit la main, renforce notre groupe. A droite notre ténor Eugène Meynier. Ce fut pour nous un super bœuf, une soirée inoubliable, loin des beuveries habituelles du Fort st Elme !


Les moutons de la marine... De Janvier à avril 57. je garde les moutons de la BAN  de Berre ! sic... Après 2 ans de service, je touvais le temps très long aussi j'avais consulté le docteur (civil) de service à la base. Le docteur ayant bien compris mon problème d'allergie à l'encadrement militaire me fit cette proposition: "Si cela ne vous dérange pas, un poste va se libérer.. Il est habituellement réservé aux pauvres gars, inscrits maritimes qui savent à peine parler le français... Ils parlent Breton... Vous aurez 12 moutons à garder sur la base aérienne désaffectée, vous utiliserez un vieux vélo, car ils vont d'un trou à un autre..." Il me voit ahuri ! "Oui, pendant la guerre, ce terrain d'aviation a été bombardé, ces immenses trous sont très humides et couverts d'herbes... Les moutons  appartiennent aux officiers subalternes." J'ai sauté sur l'occasion et j'ai pu passer mes derniers mois de service avec mon pliant et un squelette de vélo. Cela m'a permis de découvrir Marcel Aymé, quelques Balsac et surtout de dévorer Les Misérables du grand Hugo. Tellement passionné qu'un jour, en relevant la tête, tous mes moutons avaient disparu ! Un par un, il a fallu visiter tous les trous, là j'ai compris l'utilité du vélo.

Je remercie ce docteur dont j'ai oublié le nom.... Huit ans plus tard, à Hong-Kong, j'ai raconté cette histoire à un journaliste, son papier a fait le tour des journaux d'Hong-Kong ... Voir l'article : "Dum" soldier play to sheep"  dans la page "Show-biz à Hong-Kong en 65".


Avril 57 : La quille!, retour à Paris. Après avoir été berger dans la marine, je me retrouve rue de la Huchette, au "Bidule" avec Wanni Hinder (cl), Gérard Huget (dms) et "Coolie" Wermelinger à la basse, quelquefois remplacé par Nino Ferrari, qui deviendra plus tard  Nino Ferrer. 

Mais c'est au "Tabou", dont les derniers existentialistes s'étaient évaporés que je vais côtoyer beaucoup de musiciens. A l'époque le Tabou était tenu par Kien "le chinois" et mon copain "Momo", tous deux excellents  danseurs de be-bop. Autour de Momo, les filles ne manquaient pas. Il y avait foule les vendredis,  samedis et les matinées des dimanches après-midi.  L'eau suintait sur les murs : c'était  l'étuve… André Busu et moi  jouions quelquefois à deux guitares (influencé par  Tal Farlow  pour l'un,  Barney Kessel  pour l'autre. Stef  Guérault avait déjà son trio depuis un certain temps mais avec Kien et Momo à la gestion du Tabou,, l'orchestre s'était étoffé. Jeff  Mariette tenait le trombone, Coolie et son humour décapant,  la contrebasse, Gérard Huget ou Jean Martin  la batterie. Les bœufs étaient nombreux : François de Roubaix  (tb), Jean Tordo (cl. de Toulon), Ralf Schéckroun alias Errol Parker (p), Michel Cathébras, (cl), Vali Mayer, contrebassiste suisse, qui avait quitté le big band de Pierre Brun pour venir swinguer  sur Paris.  Un soir, un célèbre tromboniste américain  est venu mettre le feu à l'orchestre c'était Billy Byers.!  

(Extraits de mon livre : "Les aventures picaresques d'un jazzman autour du monde."

J'allais quelquefois boeufer aux "3 Mailletz" où swinguaient André Persiani (p), Michel de Villers (bs), Guy Lafitte, et Charles Saudrais (dms). Un autre style de musique m'attire également : celui des musiques sud américaines et brésiliennes jouées dans des bars "rive gauche". Le quartier de l'Odéon abritait des musiciens latinos, souvent des étudiants exilés politiques. Parmi eux, à "l'Etable", où le piano était tenu par le talentueux José Marchèse, on y côtoie Hugues Aufray encore méconnu du grand public. Hugues  passait tous les soirs avec 3 ou 4 chansons, dans un répertoire, à l'époque, riche en mélodies brésiliennes et sud-américaines et... "Les petits trous" de S. Gainsbourg. Dans ce milieu latino, je retrouvais l'argentin Ricardo Galeazzi joueur de kénia dans le groupe "Los Incas" mais aussi excellent jazzman (cb, Tb à pistons). Vali Mayer parlant 4 langues arrivant de Suisse, côtoie également tous les milieux musicaux. Mais, c'est surtout le pianiste José "Marco" qui va le plus m' impressionner par son métier. Son père l'avait déjà formé en professionnel, depuis l'âge de 14 ans ! C'était un pianiste-chanteur surprenant, "tout terrain", de Henri Salvador à Nat King Cole et fana de Horace Silver. Il connaissait des thèmes des Jazz Messengers! Mais aussi des montunos cubains au piano fan du groupe "charanga": Aragon. Ce sicilien de Tunis, de son vrai nom José Marchese  deviendra plus tard le leader  du célèbre quartet "Les Latins" dont Vali Mayer sera le bassiste pendant plusieurs années. A l'étable, après avoir chanté avec lui plusieurs chansons de Henri Salvador, de Charles Trenet et de Jean Sablon, José va m'inciter à franchir le grand pas.


1958

Décembre 57 à Avril 58 Pour l'ouverture du Club Méditerranée de Serre-Chevallier (Monetier les Bains) par la chef de village : Lydie Trigano, José a besoin d'un guitariste chanteur. La décision d'abandonner mon métier de dessinateur industriel pour une vie d'aventures était une décision grave : faire de la peine à sa mère est une épreuve… mais je n'aurai jamais à regretter ce choix. Mon père, lui, avait toujours rêvé de partir autour du monde sur la "Jeanne" ... Sa mère, morvandelle, l'en avait empêché, "Y va mourre d'chagrin..." Papa a été admirable de compréhension.

1 58 jose quartet club medCe quartet est composé de José, de Jacky Césaire (dms, congas et timbales, et de surcroît : danseur de be-bop réputé auprès des jeunes filles), de Vali Mayer (pince-sans-rire à la basse) et moi qui devenait guitariste chanteur ! Le répertoire était très varié avec pitreries mais aussi arrangements à 3 voix dans des répertoires multiples : Jazz, cha-cha cubain, brésilien, et variétés burlesques. Zacarias fameux trombone New-Orléans se verra offrir une semaine de plus au Club pour "bœufer" avec nous tous les soirs.

Mai 58 : Après la saison, avec la rencontre d'une GM : Zizi qui deviendra ma femme, sûr de mon nouveau savoir, on va partir au flan ! , afin de trouver du travail à l'Expo de Bruxelles. Comme des bleus, on se heurte de plein fouet au syndicat des musiciens belges plutôt efficace. " Les quotas de musiciens français sont complets, vous pouvez rentrer chez vous! ". On rentre à Paris avec peu d'argent, sans logement, ni boulot ! On s'en fou, guitare et mamours, s'entrelassent !  Et puis, le bricolage ne m'ayant jamais quitté. Je vais faire bientôt partie d'une équipe qui participe à des "charrettes" pour expos ce qui va me permettre d'entrer au Comité des Foires et des Expositions. Un métier qui laisse des libertés.


                                                                                                                          1959

Février 59 :  Philipe Maté, jeune trompette avant  d'être connu plus tard  au ténor), me propose  un contrat de 3 semaines à Briançon (2000f par jour logé-nourri ) au bar :"La Cabane"  avec Jean-Claude Lubin (p) dénommé  "La fée Carabosse", sans doute par Maurice  Emo !. La rythmique était assurée par un jeune batteur : Philippe Babault : au jeu plus moderne qui me "secoue"  un peu ! Mes swingmen préférés était (et l'est toujours) celle d'Oscar Peterson avec Ray Brown. Avec Philippe au jeu  raffiné, inspiré de Philly Jo Jones, mais  sans  bassiste…,  à mon avis, ça flottait un peu.

59 2 babault dans coffre 59Sur la photo :  Philippe  dans   le  coffre  de  la  Panhard "junior" . Au dessus Jean-Claude  qui  s'inquiète  pour son batteur  et  Zizi, la maman  de mon fils  Olivier,  secrétaire,  à  qui  je dois  toutes  ces   précisions   d'ordre   chronologique   qui   m'ont   permis   d'écrire  sur  3 années  de cette  fabuleuse  époque.


 59 7 saison a tunis legende 1Mai 59. José nous fait signer 4 mois de contrat "Aux Dunes"  à  Gammarth en Tunisie. On y accédait en  suivant une piste le long de la plage... Dans ce restaurant tenu par un Suisse allemand  se retrouvait tout le gratin de Tunis. Pour le diner à 7h 30, Pierrot se mettait au piano, Antoine prenait son violon pour jouer des mélodies russes et des xardas aux tables qui le demandaient. Je devais faire mes premieres notes sur une contrebasse. Vers minuit, et jusqu'à 2h du matin ou plus, les samedis soir..., on jouaient pour la danse, valses, tangos, cha-chas, boléros, mambos, sambas  et, un peu de Jazz, des charlestons aux jazz mesengers. José (sicilien de Tunis)  faisait ce métier depuis l'âge de 14 ans avec son père... De retour  à  Paris, mes rudiments techniques de contrebasse apprises dans les tangos me permirent d'entrer dans un orchestre au répertoire du style "All Stars d'Armstrong", un groupe connu dans tous les bals des Grandes Ecoles: celui de Richard Bennett (dms).

Visite surprise de Sacha Distel ! Dans l'été, à la suite d'un concert à Tunis le groupe de Distel nous fit la surprise de débarquer à une heure du matin, leur avion repartait à 6 heures ! ce fut un sacré boeuf à 2 guitares jusqu'à leur départ pour l'aéroport. Si mes souvenirs sont bons, son groupe comprenait : à la batterie, mon copain Philippe Babault (voir plus haut : à Briançon) , Pierre Sim à la contrebasse et Raymond le Sénéchal  au piano.


Paris octobre 59 : Entrée chez les "Dixie Cats".

60 6 les dixit cats

Extrait du livre... p. 2. Après quelques bœufs à la contrebasse et afin de remplacer Alain Keffélian, Stéphane Guérault me fait entrer dans l'orchestre des "Dixie-Cats" de son cousin Richard Bennett. Cet orchestre  jouait tous les dimanches après-midi au célèbre "Bœuf sur le toit" au cachet moyen de 4000f  (anciens!). Le 3 février 60, un tout petit, tout petit Olivier futur musicien ! a failli naître au Slow-Club.

De novembre 59 à mai 60, chez Richard Bennett, les trompettes changeaient souvent. J'y ai connu Pierre Derveaux, Marcel Bornstein, Jacques Chrétien, Jean Irigaray, Louis Henri et Gilles Thibault  (qui deviendra, plus tard,  parolier de Johnny Halliday). La partie "stable" du groupe reposait sur le jeune clarinettiste Stéphane Guérault qui jouait parfaitement l'esprit de Barney Bigard. Pour moi, ce style fluide était une  découverte… Au trombone, un virtuose : Pierre Lamalle et au piano, au style très fin : Maurice Lecoeur. C'est grâce à cet orchestre et au choix des morceaux puisés dans le répertoire "All Star d'Armstrong" que je me suis mis à vraiment aimer le Jazz. Les "Dixit-Cats" étaient très demandés dans les galas des Grandes Ecoles de Paris et de province (Cachets de 100 NF à 130 NF) mais aussi pour des concerts JMF, les Show's télévisés de Jean-Christophe Averti.  - Non payés, c'est promotionnels ! disait Richard…. Pour ces concerts, cet orchestre faisait appel à des vedettes américaines : Bill Coleman, Peanuts Holland, Nelson Williams pour les trompettes, Albert Nicolas ou Mezz Mezzrow pour les clarinettes.


1960

Janvier, Toujours au "Boeuf sur le toit" tous les dimanches en matinée (4.000 anciens francs) et quelques galas: Ecole Vétérinaire ( 1000f) et une autre grande Ecole à Clermont Ferrant (12.000f). Mes travaux de bricolage/déco me rapporte environ  le double de la musique... A cette époque,  je jouais également dans la cave du "Bidule" rue de la Huchette avec André Busu à la guitare ou Lucien Ferreri " Lucien le Corse", Stef Guérault (cl) et Nino Ferrari au banjo ou à la basse qui deviendra  célèbre plus tard sous le nom de Nino Ferrer. 

60 3 vieux colombier 1Tous les soirs au "Vieux Co."

Février, Mars et jusqu'au 10 Avril 1960. Avec les "Dixie cats", les matinées du dimanche vont se poursuivrent au "boeuf sur le toit" avec, cerise sur le gâteau  : des galas dans les grandes Ecoles : Boum HEC , Sup de Co, concert JMF à Epernay... Pour les soirs de la semaine : le tromboniste célèbre Raymond Fonsèque  me prend comme bassiste dans son sextet du "Vieux   Colombier" avec Vanny Hinder  (cl), Xavier Chambon (tp)"Japy" Gauthier (dms) et Jean-Luc Parodi (p). On joue tous les soirs de la semaine au cachet de 20NF. Ce fut le début des concerts pédagogiques pour les AMJ auxquels se joignait le trompette Yvan Julien pour représenter le Be bop. Raymond fit également appel à ma guitare dans  un autre groupe de 4 trombones : Les T4. C'est un fait, depuis mes débuts à la contrebasse chez Richard Bennet, je ne joue que très rarement de la guitare. De nombreux bœufs me firent connaître Maxime Saury (cl), Claude Gousset, (tb), Claude Luter (cl), ces "pointures connues" de la génération précédente. C'est à partir de cette période que je vais délaisser mes  bricolages pour la musique. Ainsi,  je deviens pro, (non déclaré). A cette époque, seuls les musiciens de studio et de TV avaient des fiches de paie!


Du 11 à la fin avril 60, souvent  au "Bidule" (aux cachets de 25 NF). Dans cette cave, en face du Caveau de la Huchette, je vais jouer pendant une semaine au côté du batteur américain Don Brown dans le quartet de Jacques Pelser (Sax alto belge) en remplacement du bassiste suédois Lennards Jannson . Francis Coppieters musicien Belge était au piano  Je retrouverai plus tard cet excellent pianiste pendant une saison au Casino de Biarritz. Occasionnellement, je ferai des remplacements au caveau des "Trois Mailletz" avec André Persiani, (p), Geo Dali, vb), Dominique Chanson (ts) et Jacques David (dms).


En mai 60, toujours au "Vieux-Co",  je deviens  le bassiste du quartet de Roland Hug, trompettiste suisse. Son répertoire était celui de Tad Jones. Jean-Luc Parodi ou Marc Hemmeler étaient au piano, Jean Martin ou Japy  Gauthier aux tambours. Et toujours les galas du dimanche avec les "Dixis Cats "  à la piscine De Ligny et à la foire de Paris !


Du 6 au 30 juin 60 :  Roland Hug  se fait  remplacer par J. C. Forenhbach. (Fofo). J'apprendrai  beaucoup avec ce musicien qui a joué dès l'ouverture du Club St Germain (en 46 ou 47 ) avec les Jazzmen américains de passage à Paris . Les batteurs du "Vieux -co" étaient  Robert Barnett ou Jean Martin  et  le pianiste  Gilles Jé­rome ou le swingman Jean-Luc Parodi.

60 6 forenhbachLes samedis soirs du Vieux-Colombier n'étaient pas tristes : C'était la mode "Yéyé", le jazz moderne battait de l'aile ,"Fofo" qui accompagnait le chanteur Jean Ferrat,  se faisait remplacer par Jean-Louis Chautemps, sans boulot… lequel expérimentait, dans l'exposé des thème, des sons suraigus sur son ténor , ce qui laissait le public du samedi soir perplexe… Et oui, l'orchestre d'André Réveilloty et Sidney Bechet n'étaient plus là !


Juillet 60, Roland Hug  revient au "Vieux-Co". Son quartet swing (répertoire Tad Jones ) va retrouver ses marques jusqu'au 4 Octobre avec "Lulu" à la contrebasse. Galas à Sancerre et à Poitiers avec F. Lemarque. 180NF


Aoùt : Voyage au Cercle polaire en dodoche avec Zizi.


Septembre 60 : Toujours au Vieux-Co dans le quartet de Roland Hug avec J-C Parodi au piano et Japy aux drums.


En octobre 60 , on  me  propose  des  remplacements au Slow-Club chez   Marc  Laferrière  (ss), au "Slow" ont étaient payés 35NF par soir. Egalement quelques remplacements au caveau de la Huchette (le temple de Maxim Saury). On remplaça l'équipe de Maxim par un groupe formé au dernier moment. Orchestre New-Orléans hétéroclite de musicos de la génération d'avant que je ne connaissais que de nom : le génial soprano Brawlaski,  Loui Henri (tp), Pacou (dms) Henri Guenot ( tb). Et puis : Tchav (très bon pianiste meddel-jazz de ma génération ). Tchav, surpris de me voir avec une contrebasse ... nous nous retrouvions  complices du temps  de mes premiers boeufs à la guitare en 53 dans l'orchestre de J. Pierre Lesigne (voir plus haut). Si tu es toujours des notres Tchav fais moi un coucou...


A la même époque , Michel Zaoui  forme un groupe pour jouer à "Discorama" l'émission de Télévision.  (Extrait du livre...p.3)

Tele claude dargetAu piano : Paul "Rako", Claude Darget producteur, Jean-Claude Weil (banjo), Michel Zaoui (clarinette ), Jacques Chrétien (trompette), Lucien Blot (contrebasse) et Pierre Lamalle (trombone). Les danseurs étaient des habitués du Slow-Club ( ??)  Si vous vous reconaissez, envoyez moi un message.


Novembre 60 : 1 mois à Mannheim.

60 10 maril briden manheimLe pianiste Armand Gordon, très connu en Allemagne, cherche un orchestre vieux style pour accompagner la chanteuse Beryl Bryden pour jouer le mois de novembre à Mannheim : six soirées par semaine plus une matinée payées 35 marks chacune soit 45 NF à l'époque. Ces cachets étaient quasiment le double de ceux que l'on gagnait en France ! Nous payions 70 Marks de chambre pour le mois. N'oublions pas que l'essence est restée pendant des années à 50ct de franc le litre ! Les "French ambassadors" (quel culot !) sont tenus par Jacques Lautier (p) qui baragouine l'allemand mais qui semble un peu novice dans le répertoire très New-Orléans de Beryl !! Je vais découvrir deux personnages  hauts en couleur Maurice Emo à la verve Célinienne et son complice Japy. Comme il y a eu l'argot des bouchers, Emo et Japy ont inventés l'argot des musiciens : "Avoir les yeux en capote de fiacre !" . "Une rythmique Calberson…" et quantité d’autres expressions savoureuses, de quoi écrire un dictionnaire. L'orchestre se compose également de l'exellent clarinette pince sans rire Suisse : Wanny Hinder de Michel Zagradski au trombone et de moi-même à la grand-mère !  


5 Décembre 60, extrait du livre... Au Slow-club Marc Laferrière  m'offre de remplacer Jacky Sanson à la basse. Ouvert tous les soirs de la semaine  plus  les  matinées  du dimanche, avec  le caveau  de  La  Huchette,  c'étaient  les  meilleures affaires de Paris.


 

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"Jazz en France"

 

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Commentaires (3)

1. ecolequiswingue (site web) 2017-06-23

Salut Jacques, déjà presque 1 an que nous sommes recontactés ! C'est en allant chercher des commentaires pour les ajouter sur mon site que je viens de relire le tien.
Tu me parles d'un film fait à Mannheim. Est-ce que tu accepterais que j'en mette un morceau sur mon site ? Et puis je suis curieux de réécouter ce que l'on faisait à cette époque ! Il y a très peu de témoignages filmés. Tu as toujours ta boîte sur la côte ? Nous on revient de Sicile la remontée par la botte italienne est épuisante... C'est autoroutes/tunnels ou la côte complètement embouteillée !! Si un jour je viens te voir, je viendrai en train.
J'espère que tu te portes bien et à bientôt
Philou Blot (Lucien pour les vieux comme nous) Tel : 04 66 77 73 12

2. ecolequiswingue (site web) 2015-09-23

J'ai entendu dire qu'il était décédé, je vais essayer d'en savoir plus auprès de Coolie avec qui il jouait au Tabou.
Désolé
Musicalement
Philou

3. ecolequiswingue (site web) 2015-06-11

Bonjour Christian,
je crois savoir que Maurice Martin le Titi de Courbevoie est décédé depuis un certain temps. Moi aussi j'aurais bien aimé le revoir. On avait une complicité sociale face aux musiciens New-Orléans (à l'époque plutôt de droite).
Si tu veux mon bouquin , je peux te l'envoyer pour 25 euros frais compris.donne moi ton adresse et je te le fais parvenir.
Cordialement
Philou Blot

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