Danemark, Bourgogne 74/78

Europe 1973-78

Danemark

 (3 mois)

 

Copenhague. Avril 1974 C'est Marc le haîtien rencontré à Hong-Kong qui m'a donné l'envie de connaître les pays scandinaves, (lire notre rencontre à Hong-Kong dans la page (La vie au Laos). C'est en plein centre de Copenhague que je vais poser mon Combi WW pour passer mes premières nuits avec, cachées dans un coffre-lit : ma basse Fender et ma guitare Gibson achetée dans un bric à brac juif de Montréal ! (voir page Québec).

L'immeuble Visset Husset. Après  quelques jours de ballade,  je découvre un immeuble de 4 étages, le "Visset husset" tenu par des étudiants. Tous les soirs de la semaine, quantité d'orchestres s'y produisent. Le sous-sol était réservé aux groupes de jazz New-Orléans. Au rez de chaussée, au premier, au second  et au 3ième jouaient des groupes de toutes sortes. Enfin le 4° étage était réservé au cinéma d'Art et d'essai où les films étaient tous en VO (sous titrés danois!). Un sens giratoire canalisait la foule avec escalier pour monter et un autre pour descendre. Chaque étage accueille entre 100 et 200 personnes. L'entrée de l'immeuble est entièrement gratuite ! D'immenses bars de 15 m de long abreuvent chaque étage. A minuit, à l'heure de la fermeture, les grandes tables, faute de place, ne pouvaient plus accepter une bière vide!  Tous les soirs avec ma basse ou ma guitare, je suis allé  me faire connaître dans les groupes latinos, jazz et surtout brésiliens. Dans l'un d'eux, j'ai complété un trio comme chanteur guitariste. De toute ma carrière de musicos, c'est sans doute le lieu où j'ai joué le plus de musiques différentes d'un étage à l'autre ! Un soir, des Danois/Africains m'ont demandé de remplacer aux petites percutions d'Afrique de l'ouest l'un des leurs, malade ! "You do like that ...  don't whory".

Tous les soirs à "Visset Husset", me révéla bien des surprises : les "rencontres" entre Danois. La drague était autant l'affaire des filles et des garçons. Avant la fermeture, vers 11h 45, certaines filles esseulées, tournaient autour des tables en posant la même question à chaque garçon en Danois ou en anglais " Tu veux dormir avec moi ?" ... Quand mon tour fut venu, j'ai accepté l'invitation par curiosité... Après une vingtaine de kilomètres dans sa voiture, (c'était son exigence), je me suis retrouver en pleine campagne, comme piégé ! Plus rien ne me charmait : aucun auteur connu dans sa bibliothèque... l'envie de retrouver mon combi VW et mes instruments me prenait la tête... Celà peut-il expliquer qu'en 3 mois de présence tous les soirs dans ce lieu exceptionnel pourtant bien abreuvé qu'était Visset Husset, je n'ai jamais vu, ni une  altercation , encore moins une bagarre...


Expérience communautaire. Un soir un groupe de français, filles et garçons, m'invitèrent à rejoindre leur communauté située dans un squat. Ils occupaient tout un étage d'un immeuble destiné à être démoli. L'électricité n'était pas coupée et l'eau chaude était donc gratuite... A ma grande surprise toutes les portes des pièces avaient été retirées afin d'éviter la formation de couples...
Certains, d'entre eux étaient des
"situationnistes" réfugiés au Danemark depuis les évènements de 68. La plupart travaillaient 4 à 5 mois par an à des tâches très dures chez "Calberg" ou, encore mieux payés, à la morgue pour nettoyer les cadavres, des jobs qui leur permettaient de passer le restant de l'année sur les plages  de Crète ! Tous les matins les petits déjeuners étaient épiques : entre 2 biscottes, filles et garçons racontaient avec forces détails...ce qui n'avait pas collé dans leurs rapports au cour de la nuit, et les filles n'étaient pas les dernières!

Ce séjour m'a suffit : la baise pour échapper à l'ennui... Quel programme! Heureusement les 15 derniers jours ce sont passés au célèbre Cabaret de jazz : Pariser Club où je faisais la 1° partie en musique brésilienne avec des bœufs mémorables. J'étais payé comme un musicien Danois. Le premier soir, je fus surpris : à la fin de la soirée, le patron me paya le tarif syndical en me tendait ma feuille d'impôt à remplir ; du doigt, il me montra ce que je devais lui restituer, c'était juste 50% !!! En revanche tous les service médicaux dentaires et pharmaceutiques étaient gratuits.         

Pub copenhague 1


 

 

Retour en Bourgogne

Avallon. Juillet 1974. Après ces années de voyage, le bricolage me manque... Je décide de m'établir dans ma maison à Pontaubert (89). J'y résiderai jusqu'en 1992.

Avec totoche 74A Pontaubert avec ma chienne Totoche ramenée de Copenhague .

A Avallon, mon tour du monde en chansons intrigue un journaliste de l'Yonne républicaine : Christian Couronner. Ses papiers réguliers vont m'ouvrir les portes des MJC dans l'Yonne et en Côte d'Or mais aussi des collèges où  je raconte la vie d'un musicien français au Japon , à Hong-Kong , au Québec en émaillant mes voyages par des diapos et des chansons connues dans ces pays. Ma chienne Totoche était toujours des concerts. 

                                                                                                                                                                                    

Essai couronner 1M. Couronner m'écouta pendant plus d'une heure raconter tous mes voyages, ne prit aucune note... Miracle ? ce papier ne comporte aucune erreur, Christian Couronner étaient un journaliste exceptionnel.


1975 : Concert à "Peurchy" ! Pour 1h 30 de chant, on m'offrit 10 stères de bois !

Philou sur la charette 75

Precy le moult 1975Qu'elle ne fut pas ma stupéfaction en voyant Jacques Chrétien planté devant la charette, sa trompette à la main !! En 68 c'était un habitué des dimanches soir, jour des boeufs au Slow-Club. Jacques : "Qu'est-ce que tu fous ici ? - je viens de rentrer de Bangkok et j'habite à Pontaubert à 12 km ! -Et bien moi , j'ai ma maison de campagne à Précy ! Je t'invite".


Jacques chretien 3


 

Yougoslavie,

Eté 1976 : Club Med. 4 mois à Sveti-Marco,

A Paris, racontant des bribes de mes voyages au siège du Club Med à la Bourse, Tony Canal (à l'époque, musicien responsable des orchestres du Club) m'offre l'animation d'un restaurant de plage au Village de "Bellings" à Sveti Marco en Yougoslavie. (où 40% des GM  étaient des allemands.) 

Clash avec l'animation... Ce restaurant de plage était tenu par un GO Belge truculent dont j'ai oublié le nom. Il pouvait accueillir près de cent couverts mais était surtout réservé aux anniversaires, sur les 1500 GO  de juillet et d'août, il était plein tous les soirs. A 21h45, les haut-parleurs de la scène de spectacle invitaient tous les GM's à monter sur la colline pour rejoindre le centre d'animation. Un soir, le champagne aidant, des joyeux fêtards, en plein Brassens et plus... refusa d'obéir aux ordres... Une demie heure plus tard, pour nous faire taire on nous coupa le courant ! Le lendemain, je me fis engueuler par le chef de l'animation ! Furieux, j'attendis que la "sieste améliorée" de Bellings, soit terminée... pour lui raconter la soirée, la colère de certains GO...et l'engueulade... " Philou, je vais te dire pourquoi on t'a engagé, c'est à toi, de repérer les gens qui s'emmerdent seuls sur la plage... il y en a toujours un certain pourcentage... une dizaine de personnes insatisfaites et c'est le vers dans le fruit, ça peut pourrir une saison... à toi de dénicher des talents, de chanteurs, chanteuses, raconte leurs tes aventures en Asie... Et puis quand tu chantes Mouloudji : "Un jour tu verras" tu me fous la larme à l'oeil."

De la part  d'un "affreux" , ce colosse, ancien mercenaire au Congo Belge, j'en suis resté baba ! 

Sveti marco club med 76Après quelques répétitions sur la plage, j'invitais des GM's à venir chanter en solo au début du spectacle. Philippe Radin , l'excellent batteur jazzman de l'orchestre venait souvent me donner un coup de main.

Johnny et philippePendant deux semaines ont a eu un phénomène : Dès son arrivée, il clamait partout qu'il était l'imitateur de Johnny, il a fallu l'accompagner tous les soirs... Pour tous les GM's, c'était "Johnny". Un soir, trois hôtesses du Club ayant un peu abusé du rosé se sont mise à danser en tutu derrière lui. Ce "spectacle" fut un triomphe qui tournait au délire... pour y mettre fin les deux infirmières, inquiètes, sont intervenues. Nous, on s'est fait engueuler ! Elles rendaient l'animation responsable ! Vers minuit, je rencontre Johnny, assis, seul, sur bord du chemin de sa case, il pleurait... Les 3 filles étaient parties sans lui... Philippe et moi, on s'en ait voulu d'avoir été "associés" à cette mascarade malsaine. Pour le consoler Bellings lui a offert une semaine supplémentaire gratuite à condition de ne chanter qu'un morceau par soir !

Allemands et Français sur une île... Une fois par semaine, on embarquaient sur un caïk une cinquantaine de GM's dans une île au large du Club. Mon rôle était de les faire chanter les uns et les autres... Priorité aux Allemands : l'un d'eux, après une courte discussion entre eux, me demanda (en anglais) le "La". Après concertation, 3 groupes se sont formés et une chorale à 2 et 3 voix s'éleva dans le calme de l'île, j'étais stupéfait : ces gens qui venaient de tous les coins de l'Allemagne chantaient comme s'ils avaient répétés avant de venir ! Une chanson, une autre puis une troisième, les français s'impatientaient... Un peu mal à l'aise : " Maintenant c'est à nous ... qu'est-ce que vous proposez ? - Ben moi j'en connais une de Brassens". Une autre : " Moi c'est plutôt Barbara..." Un autre : Oh moi c'est Johnny !  Pas simple de faire chanter mes compatriotes !

Ile sveti marko 2Une journée picnique


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Allemagne et Portugal

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