Francine en vacances

 

Les vacances de Francine : (d'après ses notes)

 

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Les klongs  à Bangkok

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Copine de Francine

p. 215 du livre. De temps en temps, elle me parle de son voyage, par petits morceaux : les  méos l'ont fascinée : " Quand je suis arrivée à Chiang-Maï, quatorze heures de bus roulant dans la poussière, je me suis écroulée devant une table à la terrasse d'un café, plutôt devant un compartiment chinois. J'avais le moral plutôt bas rien qu'à voir la gueule des quelques voyageurs américains qui traînaient là, cheveux ras ou longs, j'peux plus les encadrer... Un mec avec "Le Monde" sous le bras s'est assis à côté. "On s'instruit", que j'ai dû lui dire... Il est venu, éberlué, on a bavardé ; le soir, je suis allée habiter chez lui. Philippe, le seul coopérant de Chiang-Maï, et je tombe dessus ! Il se demandait ce qu'il foutait là, il avait demandé l'Argentine ! Un mec intéressant qui se remet lentement de ses cinq années de philo… Elle se marre.. La "genja" aide pas mal à sa convalescence... Il avait une moto, on s'est pas mal baladés dans la forêt. Curieux, j'essaie d'en savoir un peu plus... " C'était bien... ?  -Tu parles, on fumait tellement qu'il bandait même plus, c'était bien ma veine ! Enfin on s'est payé des sacrées parties de rigolades en faisant la chasse aux moustiques avant de s'endormir... des parties de nuits Elle continue : " La plupart des étrangers qui vivent là-bas sont alcooliques, la vie est tellement dégagée des agitations du monde... on vit et puis on meurt, les raisons d'existence deviennent trop compliquées, les questions : des vaguelettes.. Les moines sont certainement les plus intéressants de la Thaïlande. L'autre jour, on se promenait dans la forêt quand on a rencontré des moines. L'un de nos copains avait un pantalon très moulant, les moines se sont esclaffés en montrant du doigt : "Oh ! very big, very big !.. " Pleins d'étonnement admiratif, ils ont continué leur chemin… En fait, quand j'ai vu ce grand village qui est quand même la deuxième ville de Thaïlande, j'ai pensé : un village comme les autres, après trois jours de tourisme, je descendrai vers la Malaisie mais c'est dur, Chiang-Maï a des routes, des ornières qui te ralentissent le pas, les restaurants sont torrides, les cuisses collent sur les plastiques des tabourets boiteux, ce que tu veux entreprendre, c'est un maximum d'énergie.. Ah ! oui, j'oubliais, on m'a pris tout d'abord pour une lesbienne ! parce que je répondais au sourire des femmes, c'est vrai que là-bas les occidentales sont très malheureuses comme d'ailleurs un peu partout en Asie, sauf peut-être au Japon... Ces nénettes passent leur temps à écrire à leurs amies, leurs visages se défont, se chiffonnent... "Ça c'est vrai, l'autre jour, je parlais au vieux Dr Desmont. Sa clientèle ? Presque exclusivement des européennes : mal de vivre, "plus baisées du tout" comme il dit. "De quoi voulez-vous que j'les soigne ? l'autre jour à bout d'argument, j'ai répondu à Simone Duchemin : faites du vélo... Elle était outrée ! " Il se marrait comme un bossu le toubib, il en oubliait sa paralysie !

Joueurs de ken legende

Francine revient à ses méos : "Après la saison des pluies, il faut marcher dans la forêt pour arriver au premier village méo, ces méos noirs ou plutôt plus sombres. D'après Lemoine l'ethnologue de Vientiane, que j'ai rencontré, ce sont des Chinois qui sont venus de la province du Yun-nam et qui n'ont jamais accepté une quelconque domination... Ils font tout eux-mêmes : les tissus, les grandes fibres sont dénudées à la main, tissées et trempées dans la teinture sombre; ils ont  les mains bleuies à force d'usage. Je ne suis pas entrée dans la maison du chef, il était en colère contre une de ses femmes, ils ne nous regardaient pas, les méos ne regardent pas le visiteur, à quoi bon, ils savent, ils en savent long, on ne les dérange même pas, on pourrait rester là des jours et des jours à se poser le cul sur les bancs de bois à 10 cm de la terre battue. On a fumé de la ganja, dans ces longues pipes : un bambou avec un bec comme une cafetière, on avec de l'eau, on bourre le bec avec de l'herbe. Comme l'orifice du bambou est large, tu dois pour aspirer t'aider d'une partie de la joue, les aspirations sont plus profondes… Combien de temps, on a fumé.. ?? "

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A Chiang-Maï, chez les méos.

Son récit fait une pose... puis reprend : " Dans un coin, je me souviens d'un vieux, son cou n'était que des fibres accolées les unes aux autres, il limait une pièce de métal, j'avais l'impression qu'il limait, qu'il rythmait le temps, sans commencement ni fin, un geste immortel, il fabriquait un fusil de chasse, c'est chez lui qu'on était, je crois. A l'aube, on nous a tendu des feuilles de bétel à chiquer, c'est vraiment infect, on mâche... le jus est âcre, frais... Plus tard... sans doute... le temps n'avait pas de consistance, tu comprends... le vieux a décroché une machette pour hacher menu une sorte de légume jaune, en a fait une pâte graisseuse pour boucher les trous ou plutôt les joints de son instrument de musique mais aussi pour recouvrir le bambou afin d'en affermir la sonorité. Une tige maîtresse cerclée d'argent est perpendiculaire aux six bambous fins et parallèles, chacun d'entre eux percé d'un trou, c'est un son déconcertant, cela m'a rappelé tout de suite l'harmonium des bonnes sœurs ! " C'est un khène... Je connais, Renaud dont je t'ai parlé, en possède un, j'ai essayé d'en jouer, c'est pas de la tarte, ce qui m'a surtout frappé, c'est que c'est accordé à l'occidentale, ça suit la même gamme que chez nous... ça n'a aucun rapport avec la gamme chinoise à 5 tons…

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A Pénang

9 71 penang malaisie

 

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